© Juliette Guidoni
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Collective Narratives
2022-2023

Marseille, France

Série de 80 diapositives, archives








Installation, projection de 80 diapositives, (boucle), 13’
Archives de 1976 à 2022, Frais-Vallon, Marseille


Ce travail est le fruit de plusieurs mois de recherches au Centre Social de Frais-Vallon, dans le 13ème arrondissement de Marseille, quartier qui fait partie de ce que l’on nomme communément les quartiers nord de la ville, une appellation qui regroupe plusieurs arrondissements, unifiés par les médias et ce qu’on en raconte.
C’est au cours d’une résidence au centre social que je découvre l’existence d’archives, des diapositives, qu’on me confie en parallèle à mon travail de documentation et de transmission dans le quartier.
Les diapositives appartiennent au centre social et la plupart des auteurs anonymes ont documenté les évènements en lien avec le centre et au coeur de la vie du quartier.
Collective narratives est le résultat d’une sélection de ces archives, qui témoignent de modifications de paysages urbains et d’existences en mouvement, pourtant toutes liées par l’expérience d’une vie dans un quartier que l’initiative citoyenne empêche de périr.
Si toutes appartiennent au même lieu, mon geste de tris, d’extraction et de sélection (80 images parmi un ensemble de quelques 2000 diapositives) propose de regarder les différents espaces de l’habitation à travers les récits collectifs, de différents points de vues et à différentes échelles. Certaines ont été ratées ou abîmées par le temps. D’autres sont composées, et c’est le mouvement de personnages dans les espaces urbains qui m’a intéressé.
L’utilisation très courante du procédé de la diapositive était un moyen de pouvoir projeter et voir ses images facilement sans avoir à les tirer. C’était une image accessible, démocratique. Ainsi, toutes sortes de documents et événements étaient photographiés. Parmi quelques 2000 images endormies dans une cave, et grâce à leur numérisation qui a été faite dans les années 2000, j’ai sélectionné des photographies de réunions d’élus locaux, de plans topographiques, chantiers en construction, du bâtiment D qui rappelle sa démolition (1992), de gestes et d’évènements citoyens et collectifs.

A l’aide du montage, une autre image du quartier advient.

« La photographie porte en elle un aspect miroir, une capacité de se montrer double ou de montrer le double selon comment on la fait et comment on la montre. Nous n’essayons pas d’embellir une cité qui n’est pas belle, où vivre n’invite guère à la douceur et à l’épanouissement, mais nous faisons les images que nous aimerions de et pour nous-mêmes, avec la même exigence, la même attention, les images qui nous réjouissent et qui font sens où que nous habitions .»
Le Centre social de Frais-Vallon