juliette guidoni
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Collective narratives, archives

Extrait de l’installation, projection de 80 diapositives, boucle, 13’
Projet initié lors d’une résidence avec le Chateau de Servières, Marseille. Poursuivi avec le Centre Photographique Marseille, dans le cadre du programme Rouvrir le Monde de la DRAC PACA. Avec l’Aide à l’acquisition de matériel de la Région PACA, 2025.

La Nuit de l’instant, Biennale de la Joliette, 2023.
Chateau de Servières, exposition Rouvrir le Monde, 2022.



En 2022, je découvre l’existence d’archives (diapositives), à l’occasion d’une résidence au centre social de Frais-Vallon, qu’on me confie en parallèle de mon travail de documentation et de transmission de la pratique de la photographie dans le quartier. La plupart des auteurs anonymes ont documenté les évènements en lien avec le centre et au coeur de la vie du quartier.

Collective narratives, archives est le résultat d’une sélection de ces archives, qui témoignent de modifications de paysages urbains et d’existences en mouvement, pourtant toutes liées par l’expérience d’une vie dans un quartier que l’initiative citoyenne empêche de périr.

Si toutes appartiennent au même lieu, mon geste de tris, d’extraction et de sélection (80 images parmi un ensemble de quelques 2000 diapositives) propose de regarder les différents espaces de l’habiter à travers les récits collectifs, de différents points de vues et à différentes échelles. Certaines ont été ratées ou abîmées par le temps. D’autres sont composées, et c’est le mouvement de personnages dans ces espaces urbains qui m’a intéressé.

L’utilisation très courante de procédé en faisait un moyen de pouvoir projeter et voir ses images facilement sans avoir à les tirer. C’était une image accessible, démocratique. Ainsi, toutes sortes de documents et événements étaient photographiés. J’ai sélectionné des photographies de réunions d’élus locaux, de plans topographiques, chantiers en construction, du bâtiment D qui rappelle sa démolition (1992), de gestes et d’évènements citoyens et collectifs.

La photographie porte en elle un aspect miroir, une capacité de se montrer double ou de montrer le double selon comment on la fait et comment on la montre. Nous n’essayons pas d’embellir une cité qui n’est pas belle, où vivre n’invite guère à la douceur et à l’épanouissement, mais nous faisons les images que nous aimerions de et pour nous-mêmes, avec la même exigence, la même attention, les images qui nous réjouissent et qui font sens où que nous habitions .
Le Centre social de Frais-Vallon

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